Ce documentaire tournée en plusieurs étapes entre novembre 2011 et mars 2012, et diffusé à la mi-mars, plonge dans l’enfer de Homs, « ville transformée en Grozny de Syrie », selon l’opposition. La vidéo décrit l’enfer vécu par les habitants et par les défenseurs de la ville, et se termine sur une conclusion très simple : la communauté internationale prétextant sa peur d’une guerre civile pour justifier sa passivité. Mais en réalité, son silence face aux crimes du régime accélère la guerre civile.
Cette guerre civile est justement un objectif du régime, pour justifier l’installation de son Etat Alaouite sur la côte. Les forces du régime a procédé, ces dernières heures, à dynamiter des immeubles et des maisons à Homs, dans les quartiers Inchaate et Al-Khaldiyeh. Le régime vise trois objectifs stratégiques à travers ces destructions :
1- Il cherche à effacer les traces des crimes commis durant les 12 mois de la révolution, et ce, avant l’arrivée de toute commission d’enquête ou des équipes onusiennes ou de la Croix rouge ;
2- Attribuer ces destructions aux « groupes terroristes armés » pour justifier la poursuite de la répression et de la guerre d’extermination, et refuser ensuite toute solution politique. Le régime sait pertinemment que toute solution politique précipite sa chute.
3- En détruisant les immeubles et les maisons de Homs, il cherche à empêcher le retour des habitants qui ont fui les combats. Ce faisant, le régime confirme sa politique d’épuration visant à inclure Homs au futur Etat alaouite qu’il projette d’installer sur la côte.
L’évolution sur le terrain confirme ainsi la conclusion du documentaire de la BBC. Le silence de la communauté internationale accélère la guerre civile, l’émiettement de la Syrie et l’émergence d’un Etat alaouite. Les accusations formulées à l’encontre de l’Occident, lui attribuant une complicité avec Assad, semble de ce point de vue fondées.
Dario S.