La République islamique d’Iran n’a pas longtemps attendu avant de réagir. Téhéran a convoqué, ce lundi, 27 août, une diplomate suédoise, pour protester contre la publication dans un journal en Suède d’une nouvelle caricature de Mahomet représenté avec un corps d’animal. Une porte-parole du ministère suédois des Affaires étrangères a confirmé que les autorités iraniennes ont convoqué Gunilla von Bahr, chargée d’Affaires suédoise, et lui ont affirmé que ce dessin constituait « une offense au prophète Mahomet ».
Le dessin avait été publiée le 18 août par un journal régional, « Nerikes Allehanda ». Il était destiné à illustré un article du journal consacré à l’autocensure et à la liberté de religion. L’auteur dénonçait les revers que ce dessin satirique avait essuyé auprès de plusieurs galeries d’arts suédoises qui craignaient des protestations de la communauté musulmane.
L’Iran, en se montrant intraitable avec les pays occidentaux qui s’aventurent à violer le « Sacré », entend sans doute engranger des dividendes politiques en renforçant son leadership sur le monde musulmans. Dénoncée par la majorité sunnite, la République islamique d’Iran, Chiite, peut ainsi faire valoir son statut de « premier défenseur de l’islam dans le monde ». Ce geste vise le leadership de l’Arabie saoudite, à quelques mois du pèlerinage de la Mecque. Depuis l’avènement du régime islamique à Téhéran, les Mollahs disputent aux Saoud, « gardiens des Lieux saints de l’islam », la légitimité religieuse.
Cette bataille aura sans doute des répercussions sur le conflit latent qui oppose Téhéran d’un côté, et les régimes sunnites du Golfe d’autre part, un conflit qui se déroule par Irakiens, Libanais et Palestiniens interposés.