Le site « Middle East Transparent » affirme ce dimanche soir que « l’enquête sur l’assassinat de Wissam Al-Hassan s’annonce particulièrement difficile. Ses exécutants ont tiré les leçons des erreurs commises dans l’assassinat de Rafic Hariri et n’ont pas utilisé les téléphones portables pour suivre la voiture de leur victime ». En 2005, l’examen de la base de données de la téléphonie mobile - par les services de Wissam Al-Hassan et son adjoint Wissam Eïd, tué lui aussi en janvier 2008 - avait permis aux enquêteurs internationaux et au Tribunal Spécial pour le Liban d’inculper quatre membres du Hezbollah. Cette fois-ci, les assassins d’Al-Hassan ont pris soin d’éviter la même erreur. Citant des experts militaires libanais, « Middle East Transparent » ajoute que le général Al-Hassan se sentant menacé, utilisait plusieurs convois fictifs dans ses déplacements. Mais la détermination de ses exécutants ne lui a laissé aucune chance de survie. L’explosif utilisé dans l’attentat n’est pas conventionnel. Il ne s’agit ni de TNT ni de C4, deux matières traditionnellement utilisées dans ce type d’opérations. Il s’agirait d’un explosif particulièrement puissant qui a détruit même les armes individuelles d’Al-Hassan et de son chauffeur. (Cliquez ici pour lire ou relire nos informations du 20 octobre : Une photo d’une rare violence / Les assassins de Wissam Al-Hassan ne lui ont laissé aucune chance de survie)
Toutefois, dans un autre article, « Middle East Transparent » souligne que « les enquêteurs tiennent le bout d’un fil ». Il affirme qu’« après l’explosion à la place Sassine d’Achrafieh, les forces de sécurité ont découvert et désamorcé une autre voiture piégée, garée à proximité de l’Hôtel Alexandre, à quelques kilomètres du premier attentat. C’est aussi l’un des itinéraire potentiel qu’Al-Hassan pouvait prendre ». La même source souligne que « plusieurs voitures piégées étaient dissimulées sur tous les itinéraires possibles d’Al-Hassan, et que ce dernier aurait été surveillé depuis sa sortie de l’aéroport de Beyrouth par un ou plusieurs drones ».
Ces révélations sont inquiétantes et confirment qu’aucun homme politique ou responsable sécuritaire libanais n’est plus à l’abris. Après la tentative de tuer Samir Geagea par un ou plusieurs snipers, et celle visant le député Boutros Harb en piégeant son ascenseur, les drones sont désormais mis à contribution pour pulvériser les victimes, grâce à des attentats massifs. Au Liban, seul le Hezbollah dispose de cette technologie. Il l’a récemment revendiqué, avec fierté, et annoncé avoir envoyé l’un de ses appareils au dessus d’Israël. De là à attribuer l’attentat au Hezbollah il n’y a qu’un pas que de très nombreux Libanais ont déjà franchi. Certes, le parti de Hassan Nasrallah peut s’en défendre en rappelant que les Américains et les Israéliens disposent également de drones. Mais à Beyrouth, ces subterfuges ne passent plus.
Mediarabe.info


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