Décryptage de Stefano B. C. (Rome)

Le roi d’Arabie saoudite nomme le prince Bandar Bin Sultan à la tête des services de renseignement

L’ancien ambassadeur à Washington est connu pour être un "faucon"

jeudi 19 juillet 2012 - 20h29, par Stefano B.C.

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Le prince Bandar Bin Sultan vient d’être nommé à la tête des services de renseignement, à la place du prince Mokrane Bin Abdelaziz. Bien que Bandar ait été accusé, des années durant, d’avoir touché des commissions sur les contrats d’armements, l’ancien ambassadeur de Riad à Washington reste l’un des faucons de la famille royale.

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Sa désignation à la tête des services secrets saoudiens, à côté de ses fonctions de président du Conseil de la sécurité nationale, fait de Bandar Bin Sultan, fils de l’ancien ministre de la Défense, l’homme fort du royaume, du moins sur le plan sécuritaire. Mokrane est nommé conseiller du roi Abdallah.

Ce changement intervenu au dispositif saoudien, dans un contexte de guerre froide opposant les deux piliers de l’islam (sunnite et chiite) et les deux rives du Golfe (arabe et perse), est particulièrement significatif. Les Iraniens, les Syriens et leurs alliés régionaux, comme le Hezbollah libanais, ont souvent accusé Bandar de manipuler Al-Qaïda pour déstabiliser l’axe de résistance. La Syrie vient de lui attribuer l’assassinat du conseiller de Bachar Al-Assad, le général Mohamed Sleimane (abattu dans sa villa de Tartous en juillet 2008), ainsi que le chef militaire du Hezbollah, Imad Moghnieh (tué dans une explosion à Damas, en février 2008). Depuis, la Syrie distribue les accusations aux acteurs régionaux en fonction de ses propres intérêts, et surtout pour s’en laver les mains, alors que Sleimane et Moghnieh auraient été éliminés par Assad pour effacer les traces de sa culpabilité dans l’assassinat de Rafic Hariri.

La propagande syrienne attribue également à Bandar son engagement auprès de l’Armée syrienne libre pour renverser le régime de Bachar Al-Assad. Mais aucune preuve n’a été apportée à ces accusations, qui relèvent de la guerre psychologique et de la théorie du complot, chère à Damas.

Le dispositif saoudien ainsi modifié en profondeur aura, sans doute, des conséquences sur la politique intérieure du royaume, avec un net avantage au clan Soudeiri. Ce qui signifie un ralentissement, voire un anéantissement des réformes libérales, mais timides, entamées par le roi Abdallah à très faibles doses (il est contraint de respecter les équilibres entre les différents clans de la famille, et les religieux, au détriment des réformes). Sur le plan extérieur, l’arrivée de Bandar pourrait se traduire par une plus grande agressivité saoudienne, tant contre les soulèvements des minorités chiites en Arabie et au Bahreïn, que dans la confrontation avec l’Iran et la Syrie.

Stefano B. C.