Interrogé par la télévision « Al Arabiya », l’initiateur des Frères Chrétiens, Michel Fehmi, affirme que le groupe entend faire face à la mainmise des Frères musulmans sur l’Etat et la société en Egypte, tout en réfutant le prosélytisme chrétien. Fehmi regrette que les Frères musulmans se soient octroyés la mission d’islamiser l’Egypte et affirme que l’objectif des Frères musulmans est de défendre les intérêts des 16 millions de coptes face à cette hégémonie. Refusant de parler de concurrence avec les Frères musulmans, les Frères Chrétiens chercheraient davantage à rééquilibrer la situation.
Cette évolution en Egypte inquiète les observateurs qui redoutent une confrontation entre les différents groupes extrémistes appartenant aux multiples composantes de la société. Ils craignent que l’extrémisme des Frères musulmans et des Salafistes ne favorise celui des Frères Chrétiens et n’enfante l’extrémisme des groupes révolutionnaires prônant une sorte de laïcité. D’autant plus que l’idée évoquée par le président Morsi de nommer un vice-président copte et une vice-présidente, dans une tentative de rassurer les femmes et les chrétiens, a été violemment rejetée par l’aile radicale des islamistes. D’ailleurs, ces derniers cherchent à imposer leur loi par la violence. Le récent assassinat d’un jeune étudiant, poignardé dans la rue devant la faculté d’ingénierie de l’université de Suez pour s’être affiché en public avec sa fiancée (toute relation, avant le mariage, est considérée illicite, et son auteur est passible du châtiment suprême), illustre cette violente et inquiète les Egyptiens, sommés de respecter la non-mixité ainsi que les autres contraintes imposées par un islam rigoriste.
Dario S.

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