Le Hezbollah salue la victoire des Frères musulmans en Egypte, et les combat en Syrie !!

L’Iran tente une OPA sur l’Egypte, et frôle le ridicule

Le président Mohamed Morsi dément avoir accordé une interview à l’agence iranienne Fars

lundi 25 juin 2012 - 22h51, par Stefano B.C.

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Dès la proclamation de sa victoire aux présidentielles égyptiennes, le successeur de Hosni Moubarak, l’islamiste Mohamed Morsi, a tenté de rassurer sur ses intentions, promettant de respecter tous les accords internationaux conclus par l’Egypte, y compris l’accord de paix avec Israël. Mais son discours solennel du 24 juin n’a pas empêché l’Iran de tenter une OPA sur Morsi, frôlant le ridicule.

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Le nouveau président égyptien, Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, a joint l’acte aux paroles, et annoncé sa démission du Parti de la justice et de la liberté, vitrine politique de la Confrérie. Il veut être le président de tous les Egyptiens, sans doute sous la pression du Conseil suprême des forces armées, qui, selon plusieurs sources, « aurait bloqué l’annonce des résultats le temps de négocier avec Morsi, de lui arracher des concessions, et de verrouiller le système ».

Parmi ces concessions, et pour rassurer, Morsi a promis de respecter l’ensemble des accords et protocoles internationaux conclus par l’Egypte, y compris, et surtout, l’accord de paix avec Israël. Cette prise de position a dissiper la méfiance de la communauté internationale, qui a immédiatement réagi en saluant la victoire et les engagements de Morsi, et en espérant que l’Egypte demeure la pièce maîtresse dans la région, et le pilier de la paix au Proche-Orient.

Même le Hezbollah, engagé dans la répression en Syrie au nom de la lutte contre les Frères musulmans, a félicité Morsi. Le comble de l’hypocrisie a cependant été atteint par la Syrie, qui a félicité le peuple égyptien pour son choix, a affirmé qu’« elle (la Syrie) ne peut que se soutenir les peuples dans leurs choix démocratiques », un exercice dont les Syriens sont privés !

Si le Hezbollah et la Syrie ont versé dans l’hypocrisie, l’Iran a, de son côté, frôlé le ridicule. L’agence de presse officielle Fars a en effet inventé de toutes pièces une interview avec Morsi, lui attribuant sa volonté de renforcer les relations entre l’Iran et l’Égypte, rompues depuis plus de 30 ans. Poursuivant son OPA sur l’Egypte, Fars a affirmé que Morsi souhaite réviser les accords de paix avec Israël. Dans sa propagande, Téhéran estime que ses relations avec le Caire, sous la direction des Frères musulmans, créeront un équilibre stratégique régional. Au-delà de la tentative manifeste de perturber les relations égypto-israéliennes, déjà malmenée par le conflit palestinien et le blocus de Gaza, l’Iran tente de semer la zizanie entre l’Egypte et les monarchies du Golfe, les deux principaux pôles de l’islam sunnite (l’Egypte constitue le réservoir humain, avec 85 millions d’habitants, et les monarchies du Golfe en sont les financiers).

Devant l’inquiétude suscitée par ces propos, relayés avec insistance par Fars, la présidence égyptienne a officiellement démenti que le président élu ait donné une quelconque interview aux médias iraniens. Bien que ce démenti puisse être de circonstance, il n’en demeure pas moins que Fars, et la propagande iranienne sont habitués aux interviews imaginaires, destinées à servir les intérêts de la République islamique. La supercherie, dévoilée par l’Egypte, ridiculise l’Iran et prouve que Téhéran est plus que jamais isolé. En voie de perdre son allié syrien, et risquant l’asphyxie économique et financière sous l’effet des sanctions, Téhéran est prêt à tout pour renouer avec l’Egypte.

Stefano B.C.