L’éditorial de Dario S. (Rome)

Réincarnation de Saddam Hussein en Syrie ? Après les massacres collectifs, Bachar Al-Assad utiliserait des armes prohibées (en vidéo)

La vidéo, non-encore authentifiée, est interdite aux âmes sensibles

vendredi 8 juin 2012 - 15h22, par Dario S. (Rome)

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Bachar Al-Assad marche sur les pas de Saddam Hussein et multiplie les massacres collectifs, comme l’avait fait son aîné du Baas irakien contre les Kurdes et les Chiites. Fidèle aux valeurs du Baas, dans ses deux versions, le régime syrien aurait utilisé des armes chimiques, hier jeudi, comme en témoigne une vidéo diffusée ce vendredi, montrant le décès par asphyxie d’un opposant à Basr Al-Hariri, près de Deraa. L’Armée Syrienne Libre avait prévenu, la semaine dernière, que le régime équipait ses unités d’armes prohibées.

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Vendredi dernier, l’Armée Syrienne Libre avait affirmé, dans un communiqué, que « le régime de Damas a équipé le régiment 38, basé à Deraa, de missiles de courte portée, afin de décimer l’ASL qui a installé son principal fief dans la région d’Al-Laja ». Selon le communiqué, « ces missiles ont été transformés : les détonateurs et les charges explosives ont été retirés et remplacés par des ogives bactériologiques. Ce faisant, les missiles serviront uniquement à transporter et répandre cette arme de destruction massive, sans exploser ». Selon l’ASL, ces armes fatales sont ainsi désignées par « missiles silencieux ». Cette version a été confirmée samedi par le journal « Asharq Al Awsat ». La nuit dernière, alors que les projecteurs étaient braqués sur les massacres collectifs commis par les forces du régime à Al-Haffah (Lattaquié) et Al-Qbeir (Hama), la télévision « Al Arabiya » affirmait que « des avions syriens larguaient une poudre blanche sur la région de Deraa », soupçonnant le régime d’utiliser des armes prohibées, bactériologiques ou chimiques.

Ce vendredi, l’opposition a diffusé une vidéo particulièrement violente, tournée jeudi 7 juin dans la région de Basr Al-Harir, à Deraa. Elle montre un homme, vraisemblablement membre de l’Armée Syrienne Libre (à en croire la couleur de son pantalon), mourir étouffé. La victime, qui ne porte aucune blessure, venait d’inhaler un produit toxique largué par l’armée régulière. [Bien que plausible et évoqué par plusieurs médias sérieux, l’usage d’armes prohibées n’est pas encore constaté de façon indiscutable. De ce fait, cette vidéo interdite aux âmes sensibles pourrait relever de la guerre psychologique et médiatique que se livrent le régime et ses opposants]

IMG/flv/basrelharir-deraa.flv

Les Syriens ne n’étonnent pas de cette évolution, en rappelant à ceux qui en doutent encore que « Bachar Al-Assad n’est en rien différent de Saddam Hussein ». Le parti Baas disputé par Damas et Bagdad durant les dernières décennies n’est que « la version arabe du nazisme », affirment-ils. Mais ils s’interrogent : « pourquoi la communauté internationale tolère encore ces massacres et autres crimes contre l’humanité ? » Ils qualifient - à tort ou à raison - la complaisance internationale à l’égard d’Assad de complicité. L’Occident se contente de condamnations verbales en dépit de la violence commise par le régime contre la population, comme en témoigne la vidéo du massacre de Hamama, à Idleb, la nuit dernière, après ceux de Houla et d’Al-Qbeir. Cet enregistrement, communiqué par un militaire, montre ses collègues et les miliciens du régime à l’œuvre : ils rassemblent les victimes civiles, dont des enfants, dans une maison, avant de la dynamiter... Bachar Al-Jaafari, représentant de la Syrie à l’ONU, ne peut plus attribuer les massacres aux « terroristes », comme il l’avait fait lors de l’Assemblée générale des Nations unies, le 7 juin.

IMG/flv/hamama-idleb.flv

Récusant les solutions préconisées par Kofi Annan, par l’ONU, par les Etats-Unis ou par la Russie, consistant à transférer le pouvoir à un vice-président et à accorder l’immunité et l’exil à Assad, les opposants affirment réserver à leur dictateur une fin semblable à celle de Saddam Hussein, les deux dictateurs qui ont partagé la même cruauté doivent partager la même mort. Les Syriens jurent que c’est une question de temps.

Dario S.