Info ou intox ?

L’état-major de Bachar Al-Assad aurait été décapité lors d’un attentat au poison

Plusieurs hauts responsables auraient été tués, dont les ministres de la Défense et de l’Intérieur...

dimanche 20 mai 2012 - 07h31, par Dario S. (Rome)

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Selon plusieurs sources de l’opposition syrienne, notamment une source proche de la "brigade Al-Sahaba" (les compagnons) et du Conseil militaire de Damas relevant de l’Armée Syrienne Libre (ASL), une "opération héroïque" a été menée la nuit dernière contre l’état-major de Bachar Al-Assad, réuni dans le Palais des Congrès (la Cellule de crise). Selon les informations disponibles, mais difficiles à confirmer pour le moment, l’opération se serait soldée par l’hospitalisation d’au moins six membres de l’état-major d’Assad, dont plusieurs seraient déjà morts...

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Le Conseil militaire de Damas de l’Armée Syrienne Libre vient de publier un communiqué confirmant la rumeur qui a circulé à Damas depuis la nuit dernière. Le communiqué revendique l’opération « menée grâce à un cuisinier du régime qui a introduit du poison avant de rejoindre la révolution et de se mettre à l’abri ». L’état-major de « la cellule de gestion de la crise » est notamment composée des généraux Daoud Rajha (ministre de la Défense), Assef Shawkate (vice-ministre de la Défense et beau-frère du Président Assad, ancien chef des services de renseignement militaire), Hassan Turkmani (conseiller militaire de Bachar Al-Assad et ancien chef d’état-major) et Mohammed Chaar (ministre de l’Intérieur), ainsi que des responsables du Baas Hisham Bakhtiar et Mohamed Saïd Bakhtiane. [Cliquez ici pour lire le communiqué de l’ASL en PDF]

Selon plusieurs sources confirmées par l’ASL, ces six hauts responsables ont été admis à l’hôpital Al-Shami à Damas, et ils seraient décédés des suites de leur empoisonnement.

Ces informations, impossibles à vérifier, sont à prendre avec précaution, en dépit de la revendication publiée par l’ASL qui lance au régime le défi de montrer ces personnalités en public. Toutefois, des rumeurs tendant à confirmer l’attentat vont bon train depuis la nuit dernière. Les informations en provenance de la capitale syrienne font état de la fermeture de plusieurs routes principales à Damas, qui mènent notamment à l’hôpital Al-Shami. La mobilisation autour de l’hôpital est à son comble, et les affrontements se sont multipliés à proximité du quartier Kafarsoussa et du palais présidentiel. Les opposants affirment également qu’un avion militaire a décollé dans la nuit de l’aéroport militaire de Mazzeh - fait exceptionnel - attestant qu’un événement important s’est produit !

Si la décapitation de la direction sécuritaire et militaire du régime de Bachar Al-Assad venait à se confirmer, elle ferait suite à la chute vertigineuse de l’appareil politique représenté par le parti Baas lors des élections ridicules du 7 mai, et à la dégringolade économique que connait le pays... Cette situation signifierait alors la fin du régime. « Dans ce cas de figure, Assad n’aura pas eu le temps de mettre à exécution ses menaces proférées contre tous les pays de la région (Jordanie, Israël, Turquie, Arabie saoudite et Qatar...), et contre l’Europe et la France tout particulièrement », souligne une source diplomatique arabe. Rappelons que les pays du Golfe viennent d’appeler leurs ressortissants de quitter le Liban, où la menace est à son comble. Rappelons aussi que la Syrie avait fait campagne contre Nicolas Sarkozy avant de se précipiter et de tenter d’intimider son successeur François Hollande en évoquant « le risque terroriste qui pourrait se retourner contre Paris ! ». La nomination de Laurent Fabius aux Affaires étrangères inquiète en effet Damas. L’ancien premier ministre s’était déjà fait remarquer par « son hostilité au dictateur Assad ».

Le « Tueur en Syrie » n’aura pas eu le temps non plus de pulvériser le Liban, en dépit de ses tentatives répétées à Tripoli et ailleurs, à travers les Alaouites, comme à travers les radicaux liés à Al-Qaïda introduits au Liban par l’occupation syrienne durant 30 ans, ou à travers le Hezbollah et ses milices, ou encore à travers Michel Aoun et certains autres chrétiens de service... L’heure des comptes semble s’approcher à grande vitesse tant en Syrie que dans son voisinage.

Dario S.