« Traditionnellement, les Centristes rallient ceux qui offrent le plus ! Mais ce faisant, ils obtiennent quelques miettes sur le court terme, et perdent sur le long terme, notamment ils perdent leur crédibilité et leur âme ». Ce fut en substance la réaction d’un ancien député gaulliste à l’entrée des Centristes (UDF) au premier gouvernement d’ouverture formé après la réélection de François Mitterrand, en 1988. Mais la formation politique n’avait pas survécu à cette « trahison », constatent des élus de l’époque, qui reprochent aujourd’hui à François Bayrou de commettre la même erreur.
Mais contrairement à l’UDF, qui a mis plusieurs années à disparaître, la disparition du MoDem pourrait être beaucoup plus rapide. Les propos de François Hollande, après son meeting de Toulouse, ce 3 mai, sont significatifs à cet égard : « le président du MoDem ne saurait faire partie de la majorité présidentielle. C’est une décision personnelle. Il l’a dit lui-même, ce n’est pas un ralliement à ma candidature. Ce n’est pas une adhésion à mes propositions mais un choix en fonction des valeurs qui sont les siennes ». Autrement dit, « en cas de victoire de Hollande, dimanche prochain, Bayrou n’aura que ses yeux pour pleurer. Il aura choisi d’être assis entre deux chaises, et au dernier moment, il a choisi la mauvaise. Sa chute est inévitable », constate ce soir un cadre du MoDem qui regrette le choix de son leader.
En choisissant de voter Hollande, François Bayrou a réalisé, en une pierre, trois coups, ajoute notre interlocuteur : « il s’est tiré une balle dans le pied, il a mis une croix sur sa carrière politique, et précipite l’implosion de son mouvement ». Car, comment ses électeurs, souvent issus de la droite, peuvent-ils lui faire confiance dans les années à venir. Ceux qui n’ont jamais cru en sa mollesse ne regrettent pas de l’avoir éliminé du premier tour. La France mérite mieux.
Dario S.

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