Analyse de Bernard K.

Le démantèlement d’un groupe terroriste au Maroc révèle une nouvelle réorganisation d’Al-Qaïda

Le réseau était lié à Ayman Al-Zawahiri et non pas à AQMI

lundi 3 octobre 2011 - 14h36, par Bernard K. (Rome)

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Contre toute attente, les autorités marocaines ont révélé des "liens directs entre le groupe terroriste démantelé ces derniers jours à Rabat, Casablanca et Salé d’une part, et le chef d’Al-Qaïda Ayman Al-Zawahiri d’autre part", sans passer par l’antenne maghrébine de l’organisation représentée par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Le groupe planifiait des attaques contre des ressortissants étrangers, des entreprises occidentales et particulièrement des ressortissants juifs.

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Le quotidien « Al Hayat » cite, ce matin, la Direction générale de la police marocaine, selon laquelle les investigations qui ont conduit au démantèlement d’une cellule terroriste, ont permis de prouver les liens de celle-ci avec le chef d’Al-Qaïda Ayman Al-Zawahiri, qui a succédé à Oussama Ben Laden. La cellule marocaine avait également des contacts étroits avec des activistes de la nébuleuse terroriste dans d’autres pays, comme notamment la Syrie, la Turquie, le Yémen, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Somalie.

Selon les mêmes sources citées par « Al Hayat », le groupe démantelé était composé de cinq membres et activait à Rabat, à Salé et à Casablanca. Ils ont planifié des attaques terroristes contre des entreprises étrangères et des personnalités juives, ainsi que contre des sites touristiques et des prisons marocaines. Les membres de ce groupe avaient prêté allégeance à Ayman Al-Zawahiri, avaient des contacts avec l’auteur de l’attentat de la brasserie Argana à Marrakech, en avril dernier, afin de profiter de son expertise dans la préparation des explosifs. Il leur est également reproché le vol de cartes bancaires et des virements de fonds vers la Somalie, pour financer le terrorisme. Parmi les membres de cette cellule figure un proche d’un ancien émir d’Al-Qaïda au nord de l’Irak, ainsi qu’un ancien détenu dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Si les autorités marocaines insistent sur les liens directs et étroits entre la cellule démantelée et Al-Zawahiri, auquel elle avait prêté allégeance, elles ajoutent cependant que le groupe avait des contacts avec des responsables d’AQMI, essentiellement basés en Algérie et dans les pays du Sahel (Mali, Niger, Mauritanie), en vue de les aider au niveau logistique et de coordonner leurs actions à l’échelle régionale.

Plusieurs experts de la lutte contre le terrorisme et des spécialistes d’A-Qaïda s’inquiètent devant cette nouvelle « réorganisation verticale » des réseaux terroristes, qui sont davantage liés au chef d’Al-Qaïda, Zawahiri. Contrairement aux « liens horizontaux », le cloisonnement vertical rend plus difficile l’identification des différentes cellules. Il s’agit alors d’une centralisation des commandes au niveau du chef d’Al-Qaïda, sans exclure la coordination régionale et nationale. Selon ces experts, à travers cette nouvelles réorganisation, Ayman Al-Zawahiri entend imposer ses marques en vue de réactiver Al-Qaïda après les coups durs subis ces derniers mois et l’élimination de plusieurs de ses chefs opérationnels dont le dernier était Anwar Al-Awlaki, tué au Yémen avec cinq de ses lieutenants.

Bernard K. (Rome)