Info ou intox ?

URGENT : Des engins piégés auraient été découverts devant l’ambassade de France en Syrie

Le régime cherche-t-il à prouver l’existence de groupes terroristes inexistants ? Ou s’agit-il simplement de menaces ?

mercredi 29 juin 2011 - 22h04, par Mediarabe.info

Logo MédiArabe.Info

Selon une source syrienne bien informée, des engins piégés et munis de minuteries, auraient été découverts et désamorcés devant l’ambassade de France à Damas.

Tip A Friend  Envoyer par email | impression Imprimer cet article

Pour l’instant, on ignore encore le nombre exact des engins prêts à l’emploi. On ignore également comment et par qui ils ont été découverts. Mais selon notre source, il s’agirait d’un message adressé par Damas à Paris, en guise de menace et d’intimidation. En effet, le régime syrien n’apprécie pas la politique française qu’il considère « hostile à Bachar Al-Assad, du simple fait qu’elle défend la légitimité des revendications de la population, et réclame l’arrêt de l’usage de la force par le régime ». Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Al-Moallem, avait ainsi critiqué, la semaine dernière, le complot étranger et particulièrement « le néocolonialisme de Paris ». Il a eu des propos indignes de son rang. En effet, pour parler du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, Al-Moallem a utilisé le terme « l’autre » ! Pour faire plier la France et l’Europe, la Syrie a annoncé son retrait de l’Union pour la Méditerranée, l’arrêt des négociation de partenariat avec l’Union européenne, et affirmé que pour Damas, « l’Europe n’existe pas sur la carte du monde ». Des propos qui, au lieu de faire plier la France et l’Europe, ont fait plier de rire les opposants !!

Alors qu’aucune source n’a encore confirmé ou infirmé le démantèlement de bombes devant l’ambassade de France à Damas, il convient de noter que le régime peut en attribuer la responsabilité aux groupes armés, une façon de confirmer leur présence plus que douteuse. Mais il est plus vraisemblable que ces bombes relèvent d’une tentative d’intimidation qui intervient moins de dix jours après l’attentat visant un convoi de l’ambassade de France à Bagdad. Les Irakiens n’excluent pas une implication syrienne directe ou par l’intermédiaire des nombreux réseaux qu’ils ont mis en place en Mésopotamie depuis 2003.

Faut-il rappeler, à cet égard, que 65% des kamikazes qui ont sévi en Irak y ont transité via la Syrie, avec la complicité du pouvoir ? Faut-il rappeler, aussi, que Damas héberge et soutient le Baas irakien dans ses différents courants ? Comment alors Assad et Al-Moallem peuvent-ils parler de complots contre la Syrie, alors que leur régime a comploté contre tous les pays riverains, et les pays du Golfe. Au nom de la cause palestinienne, il a comploté contre les Palestiniens et a fait un commerce lucratif de leur sang... Son dernier complot connu a visé le Koweït, comme l’a affirmé la presse koweïtienne, ces deux derniers jours. La police a arrêté cinq Syriens et deux membres du Hezbollah libanais, recrutés par un officier de l’ambassade de Syrie au Koweït pour déstabiliser la monarchie...

Le « message-menace-intimidation » ainsi adressé à la France via son ambassade à Damas porterait sur la politique syrienne de Paris, où se tiendra le 4 juillet un meeting de l’opposition syrienne (voir l’affiche en bas de page), pour dénoncer la poursuite du massacre et réclamer la chute du régime. Damas en veut aussi à Paris pour avoir soutenu jusqu’au bout le Tribunal international pour le Liban, qui s’apprête à publier son acte d’accusation, avant-dernier acte dans la chute d’Assad. Les opposants affirment que la chute du régime sera effective quand le président et son entourage seront conduit devant la Cour Pénale Internationale.

La France n’est cependant pas le seul pays occidental visé dans la région. L’Italie a été visée par un attentat contre ses unités déployées au Sud-Liban dans le cadre de la FINUL. Une unité belge y a également été prise à partie, le 28 juin, par le Hezbollah. Ces intimidations pourraient s’accentuer, avec l’arrivée à Beyrouth de combattants palestiniens du FPLP-Commandement général (Ahmed Jibril), envoyés par le régime syrien pour contribuer à l’implosion du Pays du Cèdre, désormais l’otage de la Syrie et du Hezbollah.

Pendant ce temps, le massacre se poursuit en Syrie. Ce 29 juin, au moins onze personnes ont été tuées dans la région d’Idlib (nord-ouest), et une cinquantaine d’autres ont été blessées par l’armée. Mais les opposants n’ont plus rien à perdre et poursuivent leur mouvement. Ils promettent une forte mobilisation dès le 30 juin, jusqu’à la chute d’Assad qu’ils estiment inéluctable.

Mediarabe.info

© Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source « MediArabe.info »