Alors que la presse marocaine de gauche qualifie Maghraoui de « théologien vicieux, capable de soumettre la religion au service de la pédophilie », des Marocains, de plus en plus nombreux, dénoncent une violation du Code de la famille, qui tend au contraire à protéger les jeunes. Ils estiment que cette fatwa est un réel pas en arrière.
L’avocat au barreau de Rabat, Morad Bakouri, a annoncé jeudi avoir déposé plainte contre Maghraoui : « J’ai déposé une plainte contre un dénommé Mohamed Ben Abderrahman Al Maghraoui pour avoir émis un avis “autorisant” les filles à se marier dès l’âge de 9 ans », a déclaré l’avocat, cité par la télévision « Al Arabiya ». Il a ajouté que sa plainte était « motivée par l’atteinte portée au Code de la famille et aux droits des enfants ». Selon l’avocat, « cet avis religieux pousse aux viols des adolescents et des enfants, et ternit sérieusement l’image de l’islam »...
Considéré comme l’un des oulémas wahhabites au Maroc, les enseignements de Maghraoui auraient pu ainsi endoctriner les kamikazes de Casablanca, liés à Al-Qaïda. Si les terroristes ont tué des innocents par l’explosion de leur ceinture piégée, le cheïkh Maghraoui tend, lui, à tuer l’innocence des jeunes filles, démunies de « ceinture de chasteté ». Pourtant, ce sont ces mêmes oulémas, auteurs de telles fatwas, qui ont souvent dénoncé la prostitution des Marocaines dans certains pays du Golfe, en Jordanie et en Europe. Mais, selon leur version, « cette prostitution est le fruit de l’occidentalisation des mœurs. Les Occidentaux, les Croisés et les Juifs cherchent à détruire la société musulmane ». Aujourd’hui, ils viennent de se contredire et, à cet égard, Maghraoui doit répondre de sa responsabilité dans ce phénomène.
Notons que la télévision « Al Arabiya » souligne, ce matin, que de lourdes peines ont été prononcées contre plusieurs terroristes présumés impliqués dans la vague d’attentats de Casablanca, en 2007. La justice a requis la perpétuité pour quatre suspects, et des peines allant de 10 à 30 ans de prison ferme pour d’autres complices. Notons que le procès n’a pas été ajourné par les magistrats marocains, pour cause de Ramadan, contrairement au procès d’un musulman en France qui a obtenu le report à janvier prochain, scandalisant la profession et les défenseurs de la laïcité républicaine ! Après le divorce pour « non-virginité », voilà le « jeûne de la justice ».
Randa Al Fayçal

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