Selon "Al Arabiya"

L’Iran et la Syrie sont invités à assister à l’élection présidentielle au Liban

Le beau geste du président du Parlement, que certains Libanais assimilent à un "bras d’honneur"

vendredi 23 mai 2008 - 20h03, par Mediarabe.info

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La télévision "Al Arabiya" souligne à l’instant que "le président du Parlement libanais, Nabih Berri, chef du pouvoir législatif et deuxième personnage politique du Liban après le président de la République, a invité les ministres des Affaires étrangères syrien et iranien à assister à l’élection du général Michel Sleiman, dimanche 25 mai".

Pour beaucoup de Libanais, Nabih Berri, qui n’a jamais caché son alliance avec le régime de Damas depuis son premier coup de force mené un certain 6 février 1984, atteint aujourd’hui un paroxysme de cynisme. En invitant ses deux parrains syrien et iranien à assister à l’élection présidentielle, Berri met à mal le précepte « pas de vainqueur, ni de vaincu », et nargue une partie importante de ses concitoyens.

En effet, Berri invite tous les ministres arabes des Affaires étrangères, pour que la séance de dimanche soit une « grande fête de réconciliation », et pour remercier « tous ceux qui ont contribué à la solution ». Mais pour beaucoup de Libanais, la solution n’est pas encore à portée de main, puisque les questions fondamentales ne sont pas encore abordées, et qu’elles constitueront justement une « bombe à retardement » et un important défi pour le futur Président. Il s’agit de l’armement du Hezbollah, mais également des relations avec la Syrie, de la délimitation des frontières, des échanges diplomatiques... Tant de dossiers que la Syrie refuse de pacifier depuis l’indépendance. Aussi, l’Iran, mais surtout la Syrie, n’ont contribué à la solution qu’après avoir bloqué la situation durant deux ans. De ce fait, certains Libanais considèrent que Berri, en invitant Walid Al-Moallem et Manoushaher Mouttaki, fait un joli « bras d’honneur » à ses concitoyens.

De fait, à Beyrouth, les souverainistes qui se sont réjouis d’avoir obtenu le retrait des troupes syriennes en avril 2005, craignent la dilapidation de leurs acquis. Ils redoutent que trois ans après son départ militaire, la Syrie ne revienne ainsi par l’intermédiaire de la politique. Car la présence des ministres syrien et iranien à l’élection présidentielle est synonyme de caution syrienne et iranienne apportée au prochain Président, qui a déjà du mal à se défaire de son passé de « proche de l’occupant » et, de l’avœu même de Hassan Nasrallah, de « protecteur du Hezbollah et de la Résistance ».

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