Quel avenir pour les relations franco-syriennes ?

mercredi 28 novembre 2007 - 14h54

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Dans son éditorial, Randa Takieddine du quotidien « Al Hayat » revient sur « la manœuvre très habile de la Syrie, qui a conduit la médiation française au Liban vers l’échec ». Elle rappelle que « le président français, Nicolas Sarkozy, avait émis à plusieurs occasions la condition sine qua non qui permettrait une normalisation des relations entre paris et Damas ». Cette condition était l’indispensable élection d’un président au Liban, facilitée par la Syrie. Sarkozy avait aussi insisté sur le respect des résolutions internationales concernant le désarmement des milices et le Tribunal international. A l’Elysée, on affirmait également que « la Syrie doit payer d’abord la facture, en facilitant l’élection au Liban, avant de prétendre négocier avec la France » (...).

Mais aujourd’hui, Takieddine constate que « les relations entre la Syrie, la France et les autres pays européens sont quasi normalisées avec la multitude de visites à Damas et les appels téléphoniques donnés par les présidents européens à Assad. Le dialogue syro-américain a également repris à Annapolis, alors que le Liban reste sans président. Il ne manque plus que la visite de Sarkozy à Damas ou celle d’Assad à Paris », ironise l’auteur.

L’éditorialiste parle de « l’intelligence syrienne » [NDLR : sans oser parler de la médiocrité d’en face, mais le sens y est d’une façon flagrante]. Elle reconnaît en effet que « le président Bachar al-Assad a réussi avec habileté à renvoyer la balle dans le camp français, en promettant qu’il allait exercer des pressions sur son allié, le Hezbollah, pour faciliter l’élection, et en exigeant que le Patriarche propose ses candidats. L’intelligence syrienne comptait sur le général Aoun, allié à part entière du Hezbollah (stratégique, financier, politique…) pour torpiller l’élection ». Ainsi, poursuit l’éditorialiste, « Damas a rempli sa part du marché et prétend à la normalisation, en attribuant la faute aux chrétiens libanais, protégés historiques de la France ». Takieddine conclut que « la volonté et la bonne foi de Paris se sont heurtées à l’intelligence et à la capacité manœuvrière de la Syrie. Dans ces conditions, et en l’absence d’un président au Liban, quel sera l’avenir des relations syro-françaises ? ».

[NDLR : Pour certain, l’éditorial du quotidien « Al Hayat » pourrait être une version plus tendre de l’éditorial publié par MediArabe.info le 26 novembre, Khaled Asmar ayant décidé d’ôter ses gants et d’abandonner le langage « politiquement correct »].

Lire l'article original : Al Hayat - Londres